Prétendus suppliciés de la publicité : les exemples de Chateaubriand et de Lamartine
DOI :
https://doi.org/10.51777/relief27031Mots-clés :
sacerdoce, publicité, romantisme, gloire, célébrité, Chateaubriand, Lamartine, scénographie auctorialeRésumé
Par l’image auctoriale qu’ils projettent autant que par l’esthétique de leurs œuvres, Chateaubriand et Lamartine s’inscrivent davantage dans la mythologie romantique du sacerdoce littéraire que dans la réalité contemporaine de la réclame pour prix de leur célébrité. Soumis aux exigences nouvelles d’une publicité qu’ils rejettent ostensiblement, ils adoptent une posture pour le moins paradoxale, celle d’une résistance affectée, qui coexiste avec une stratégie de promotion de soi. Lamartine, tout en déplorant le supplice de la publicité, orchestre un véritable matraquage poético-médiatique. Chateaubriand, quant à lui, tout en récusant la soif ardente de célébrité qui l’anime, se révèle, selon ses contemporains, « dévoré du démon de la publicité ». En dépit de leurs différences de génération, de style et de tempérament, tous deux accusent une semblable discordance entre discours et pratiques, expressions d’un impératif de célébrité qui les contraint, chacun à sa manière, à composer avec les lois médiatiques. Leurs trajectoires illustrent ainsi les contradictions d’une posture romantique partagée entre l’aspiration à la vocation désintéressée et les exigences de la consécration publique, autant que du profit commercial.
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