Capital mémoriel et capital de visibilité : la célébrité en différé
DOI :
https://doi.org/10.51777/relief27036Mots-clés :
célébrité, groupes littéraires, souvenirs littéraires, visibilité, mémoireRésumé
L’article analyse la naissance et les mécanismes de la célébrité littéraire au XIXe siècle, en montrant comment les écrivains ont rapidement adopté les logiques publicitaires pour accroître leur visibilité. La célébrité y est décrite comme une curiosité asymétrique et simultanée d’un public pour une figure unique. Il existe cependant des formes intermédiaires de notoriété, souvent négligées : célébrité collective des groupes littéraires, célébrité dérivée des proches et, surtout, « célébrité en différé » produite par les Souvenirs littéraires. Ces ouvrages exploitent le capital mémoriel des auteurs – leur fréquentation passée de figures célèbres – pour satisfaire la demande publique d’« intimité à distance ». En dévoilant la vie privée des grands écrivains, les souveniristes convertissent partiellement ce capital mémoriel en capital de visibilité, rééquilibrant symboliquement leur position par rapport aux célébrités qu’ils décrivent. Le genre des Souvenirs apparaît ainsi comme un artefact oublié de la culture médiatique de la célébrité.
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