Se faire un non : la célébrité des minoritaires
DOI :
https://doi.org/10.51777/relief27035Mots-clés :
célébrité, capital de visibilité, capital symboliqueRésumé
La montée en puissance de la célébrité dans le monde des lettres au cours du XIXe siècle participe de processus sociaux et journalistiques ordonnés à l’âge industriel et au capitalisme d’édition. Les machines à célébrité n’en ont pas moins connu, dans la seconde moitié du siècle, des ripostes émanant de minorités artistes jalouses de leur indépendance et de leurs prérogatives. Une double mécanique est à l’œuvre dans cette collision : la production en série de la singularité publique et une clandestinité presque impossible, bien que sans cesse rejouée à l’écart d’une telle fabrique. La posture de l’artiste réfractaire aux suffrages du nombre n’est pas étrangère à cette pression journalistique à l’exhibition en public d’un soi orchestré par d’autres. Entre Les Contemporains de Mirecourt et les Poètes maudits de Verlaine, de même qu’entre la camaraderie des romantiques et la célébrité par capillarité entrevue par Mallarmé, se dessinent les apories de la gloire à l’âge de la visibilité.
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