Pour une réfutation de la célébrité comme impératif social : Flaubert épistolier
DOI :
https://doi.org/10.51777/relief27032Mots-clés :
Flaubert, immortalité, Beau, contradictions, romantisme, sociabilité littéraireRésumé
Flaubert déclare n’écrire pour personne, affiche un mépris caractérisé envers la plupart de ses confrères et édicte un art poétique aux exigences si élevées qu’il semble faire son possible pour fuir toute reconnaissance. Son enterrement provincial ne ressemble guère à une panthéonisation. Pourtant, l’ermite de Croisset a paradoxalement tout tenté pour accéder à la célébrité qu’il prétend rejeter : fréquentant assidûment les salons, attendant les décorations avec une impatience jalouse, briguant l’amitié des écrivains les plus en vue, formant enfin en Maupassant un héritier à la mesure de son ego. Ces contradictions interrogent la définition même de la célébrité : où commence-t-elle et devant qui ? Pour cet exigeant esthète, elle ne saurait se confondre avec la popularité. Elle ne loge pas dans l’instant mais ouvre un accès à l’éternité, affranchit des diktats du hic et nunc et se confond, en dernière instance, avec la classicisation de l’œuvre. Avec Flaubert, la célébrité n’existe que dans la gloire de l’immortalité.
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